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Ihitai : l'administration polynésienne au gouvernail de l'innovation blockchain et Web3

Dévoilée le 17 août 2023, la plateforme Ihitai ("Marins" en polynésien) met à profit la technologie blockchain pour faciliter la vie de 5000 professionnels de la mer au Fenua. A la clé, des services plus efficients, plus rapides et plus transparents, mais également la démonstration de la pertinence de cette approche technologique innovante pour les administrations... et leurs administrés !


Blockchain et administration : un mariage de raison


L'émergence du Web3 et son panel de nouveaux outils, pourrait faire une victime inattendue : une certaine image d'Epinal particulièrement tenace entourant les administrations.


En effet, ces dernières sont parfois jugées sévèrement pour leur "culture du papier" (qui fait disparaitre les documents, engloutis par des souris farceuses, ou égarés dans des failles administratives quantiques), leurs systèmes informatiques obsolètes, abscons ou inadaptés (victimes de hacks et autres bugs soudains), et leurs délais de traitements, de nature à faire perdre leurs nerfs aux plus patients...


Si ces clichés sont souvent injustes (c'est le propre des clichés), il n'empêche qu'ils trouveront un écho en chaque contribuable ou utilisateur d'un service public, chacun ayant son lot d'anecdotes plus ou moins pénibles à raconter dans ce domaine.


Et si la blockchain, technologie encore récente et largement méconnue par le grand public (ou essentiellement associée à Bitcoin et aux cryptomonnaies), pouvait apporter son lot de réponses à ces problématiques, pour le plus grand profit à la fois des administrations, et des usagers ?


C'est là le pari audacieux tenté par la Direction polynésienne des affaires maritimes (DPAM) avec le soutien de la DSI du gouvernement. Un pari qui en un temps étonnamment record a abouti à la mise en place de https://ihitai.gov.pf/


Qu'est-ce que la plateforme Ihitai ?


Ihitai se présente sous la forme d'un portail Web réunissant des outils d'aide à la gestion de la carrière du marin professionnel en Polynésie française.


Les capitaines pourront notamment à travers cette plateforme publique enregistrer les temps de leurs marins en mer - qui jusque-là était un formulaire papier à ressaisir par la DPAM - et les marins pourront s’inscrire à des sessions d’examens, visualiser leurs notes en ligne, leurs diplômes et bien sûr leurs qualifications spécifiant les échéances de renouvellement... tout cela étant accessible depuis un simple smartphone.


La DPAM est chargée de délivrer les titres de formation professionnelle maritime requis pour les marins de Polynésie française. La gestion depuis lors a mis en évidence un besoin indispensable et obligatoire de régulation, pour identifier les compétences maritimes en Polynésie française et permettre la délivrance sécurisée des titres professionnels.


L’organisation de la gestion de la carrière des marins dans les îles de Polynésie française constitue un enjeu majeur. A la fois pour la bonne coordination de diverses politiques publiques, mais également pour déterminer les besoins de formation, cibler les stratégies de formation favorisant l’employabilité des marins, veiller au maintien de la validité des brevets, suivre les équipages (liste d’équipage) au titre de la sécurité des personnes et l’application du droit du travail (jours de mer, temps de repos à bord…)."

Pour l'internaute lambda, l'expérience utilisateur est des plus familières et ne posera pas de problème particulier pour quiconque a déjà eu l'occasion d'utiliser une plateforme internet administrative ou gouvernementale.


Mais loin des yeux de l'internaute, la véritable innovation se cache en réalité en coulisse, avec le déploiement d'une inédite solution blockchain.


Par sa nature même (impiratable, auditable, transparente...) la technologie blockchain offre une sécurité très élevée et des capacités de certification fortes, deux paramètres particulièrement essentiels en matière de diplômes, d'autorisations professionnelles ou de déroulement de carrière.


Convaincue par cet ensemble de qualités, la Direction polynésienne des affaires maritimes (DPAM) a pris l'initiative de tester une solution blockchain, en s'appuyant sur l'expertise de la société française BCDiploma qui a accompagné l'administration dans ce déploiement stratégique.


A noter que, les choses étant bien faites, BCDiploma fait partie des partenaires de la première édition du Polynésian Islands Crypto Summit.


Ihitai et blockchain : petite histoire d'une grande innovation


« Lorsqu'est venu le temps de réfléchir à la modernisation de la plateforme d'information des professionnels de la mer, le choix était simple : soit déployer une base de données classique, à grand renfort de tableau Excel et de suite bureautique, mettre le tout en .pdf, et y apposer des signatures électroniques. Soit réfléchir à de nouvelles approches, plus sûres, plus efficaces, à la fois innovantes et moins chères. Et la blockchain nous a semblé une piste intéressante à explorer ».


C'est ainsi que Robin Cordier, jeune ingénieur à la DPAM en charge du projet Ihitai décrit la genèse de la plateforme.


La volonté de faire mieux, plus efficient, et si possible différent tant l'administration polynésienne offre un "terrain de jeu" intéressant. Il est en effet possible, plus qu'ailleurs, d'y déployer des solutions nouvelles, de tester des choses qu'il serait plus compliqué d'oser dans d'autres contextes administratifs.


A ce titre, l'administration polynésienne est plus agile qu'on ne l'imagine, et le déploiement d'Ihitai en est une démonstration probante.


Mais, pourquoi choisir la blockchain, technologie encore méconnue, parfois mal comprise et encore trop souvent exclusivement associée aux cryptomonnaies ?


« IHITAI, est un signe des temps qui changent ! L'outils blockchain est désormais de plus en normalisé dans la recherche et dans l'enseignement. Et si pour le grand public, le sujet est encore très lié à Bitcoin et aux crypto-actifs, la technologie sous-jacente fait ses preuves dans des secteurs de plus en plus nombreux. »


Robin l'affirme « en mettant en place cette solution blockchain, on gagne sur de nombreux tableaux : on évite les faux, grâce à l'authentification forte et l'infalsifiabilité de la blockchain, l'information est conservée dans les meilleures conditions possibles et sa pérennité dans le temps est assurée ».


Une condition essentielle dans le domaine maritime où, plus qu'ailleurs, la vérification des titres, des capacités et des restrictions (qui peut faire quoi, et jusqu'où) a des implications fortes en terme de sécurité et de traçabilité.

Pour accompagner la DPAM, c'est donc la société française BCDiploma (My Evidenz) qui a été choisie. « Les certificats sont émis à notre demande sur Ethereum par BCDiploma, et font l'objet d'un hash (une inscription sur la blockchain).


Pour "consommer" ce service, nous utilisons le token BCDT. On notera qu'en dépit du sujet "crypto", nous fonctionnons d'un point de vue comptable de manière très traditionnelle, via l'achat d'un certain nombre de tokens par an, en francs pacifique. »


Dans la même logique, la plateforme Itihai, ne nécessite pas que l'utilisateur passe par des outils purement Web3, comme par exemple un wallet électronique de type Metamask ou TrustWallet. De manière à ne pas dépayser ou complexifier le parcours utilisateur, la "couche blockchain" est gérée en arrière-plan par la DPAM, ne laissant à l'utilisateur que les bénéfices d'usage du service.


La blockchain, solution idéale aux complexités administratives et à l'empilement sans fin de documents ? « A terme, toutes les certifications individuelles liées aux brevets pourraient être inscrites sur la blockchain sous la forme de micro-certifications. Cela concerne des milliers de dossiers et d'informations à intégrer, et nous avançons progressivement ».


Encore jeune, l'initiative Itihai est déjà riche d'enseignements. Elle démontre d'une part la pertinence des outils Web3 au quotidien, tout en rappelant que la technologie doit savoir s'effacer derrière la facilité d'usage.


Par ailleurs, le succès et l'efficacité de ce déploiement à l'échelle d'une administration polynésienne illustre à merveille le fait que le Fenua peut se révéler un parfait environnement "bac à sable" pour l'innovation et l'initiative. A la clé, une attractivité nouvelle pour les acteurs internationaux du secteur, mais également une possible source d'inspiration pour les autres administrations polynésiennes !

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